Quand un chien enragé demande la déportation d’un journaliste
Alex Jones a offert tout un spectacle aux téléspectateurs de CNN, alors qu’il était invité sur le plateau de Piers Morgan pour défendre sa pétition pour renvoyer l’animateur britannique dans son pays, pour s’être affiché en faveur d’un meilleur contrôle des armes à feu aux États-Unis.
Alex Jones est un animateur de radio américain, féroce conservateur et adepte de la théorie du complot. Il a lancé une pétition, signée par près de 110 000 personnes, demandant au gouvernement Obama de déporter l’animateur en raison de propos qui auraient porté atteinte au second amendement de la constitution américaine, prévoyant le droit pour tous les Américains de posséder des armes.
Voyant l’ampleur de cette pétition et l’attaque envers sa propre personne, Piers Morgan a invité Alex Jones sur le plateau de son émission, dans l’espoir de pouvoir débattre son point de vue.
[gn_quote style= »1″]«Vous êtes un homme de main du nouvel ordre mondial. Un homme de main, et je veux le dire haut et fort ici.» [/gn_quote]
Plutôt que de laisser place à la discussion, Alex Jones est arrivé préparé pour la guerre. Il a attaqué l’animateur verbalement en soulignant d’abord qu’il n’était pas un citoyen américain dans le but clair de discréditer son opinion.
[youtube width= »640″ height= »380″]http://www.youtube.com/watch?v=6TV6umEEwJI[/youtube]
Il a ensuite commencé son débat à sens unique en affirmant que les ressortissants étrangers de pays comme la Russie ou la Chine pouvaient constituer une menace pour les États-Unis avant d’énumérer une série de cas où des armes ont été utilisées pour tuer, parce que des hommes en avaient décidé ainsi.
Son point, si on écoute son discours au complet, est que les hommes sont libres des choix qu’ils font et qu’avoir une arme, en soi, ne constitue pas une obligation de tuer, mais que posséder une arme est un droit et est essentiel.
Alex Jones en a aussi profité pour énumérer ses «preuves» que le gouvernement, les grandes banques et les grands médias sont tous unis dans le but commun de renverser l’ordre établi et qu’ils étaient les principaux responsables des plus importantes tragédies.
«Ces hommes qui ont violé et tué cette femme en Inde à l’aide de barres de métal, vous ne pouvez pas bannir les barres de métal. Les armes à feu, les barres de métal n’ont pas tué Piers, ce sont les tyrans qui l’ont fait. Hitler a pris les armes, Stalin a pris les armes, Mao a pris les armes, Fidel Castro a pris les armes, Hugo Chavez a pris les armes et je suis ici pour vous dire que 1776 revivra si vous tentez de nous enlever nos armes», crie-t-il au visage de l’animateur.
Piers Morgan garde son calme
À la suite de la tuerie de l’école Sandy Hook, dans la ville de Newtown, au Connecticut, Piers Morgan a fait plusieurs sorties publiques pour demander de restreindre l’accès aux armes semi-automatiques, utilisées dans la majorité des tueries aux États-Unis.
Il a tenté de stopper le flot d’accusations d’Alex Jones en lui demandant s’il connaissait les statistiques du nombre de meurtre par arme à feu en Angleterre, et celui pour les États-Unis, au cours de la dernière année. Jones savait qu’il y avait eu plus de 11 000 personnes tuées dans son pays et croyait qu’une centaine de personnes avaient été tuées en Angleterre.
Piers Morgan l’a corrigé, précisant qu’il y en avait eu 35 seulement, pointant l’ampleur de l’écart entre un pays qui contrôle l’accès aux armes et un pays qui ne le contrôle pas.
Peu impressionné par les «faits» et les «nombres» lancés par Piers, Alex Jones a été beaucoup plus loin dans ses accusations. «Vous êtes un homme de main du nouvel ordre mondial. Un homme de main, et je veux le dire haut et fort ici. Vous vous pensez bien fort? Placez-nous un ring de boxe ici, et je porterai le short blanc et bleu pendant que vous porterez le Jolly Roger [le drapeau noir des pirates]», a lancé Jones.
L’entrevue se termine avec un flot de faits expliqués avec un accent anglais (d’Angleterre) par Alex Jones, qui dit à Piers Morgan que son accent «hautain» ne lui donnait pas plus raison qu’à un autre.
L’émission d’Alex Jones est diffusée sur plus de 140 chaînes radio à travers le monde et son site web Infowars.com est consulté par des millions de personnes chaque jour.
Je me souviens avoir dans le passé vivement critiqué Alex Jones, et avoir vu monter au créneau les adeptes de la théorie du complot. Aujourd’hui, simple constat en passant, j’ai été visité sites et forums français théoriciens du complots qui ont largement véhiculé sur plusieurs années les émissions d’Alex Jones. Et surprise : pas un mot sur ses attaques enragées envers Piers Morgan. Silence radio !
Alors, y a plus personne pour soutenir Jones ? Pas d’appel pour grossir les rangs de ceux qui voudraient déporter un journaliste ?
Bof, ils sont peut-être pas obligés de le déporter au Royaume-Unis si Morgan n’est pas d’accord, ils peuvent encore rouvrir Guantanamo. Ou alors suivre l’exemple de Poutine et prévoir un camp de redressement pour les coupables de délit d’opinion, comme pour les Pussy Raiot.
En tous les cas, Alex Jones a gagné 1 point !
Tiens Alex, ne me remercie pas, c’est bien mérité :


