Et si les expériences traumatisantes ne devenaient qu’un lointain souvenir ? Ce projet, digne d’un film d’anticipation américain, est pourtant bien réel. [NDLR: comme l’excellentissime film Eternal Sunshine. (image d’entête)]
En effet, le laboratoire du stress traumatique de Toulouse travaille depuis 2007 sur l’élaboration d’un traitement visant à atténuer les réactions aux événements traumatisants, explique La Dépêche du midi ce dimanche.
La molécule utilisée pour le traitement est le Propranolol. Cet anti-migraineux a été testé en premier par le professeur Alain Brunet à partir des années 2000, à Montréal, sur des personnes traumatisées par des agressions ou accidents de la route. Des tests qui avaient visiblement porté leurs fruits, comme le raconte le professeur Philippe Birmes, directeur du laboratoire du stress traumatique de Toulouse, à La Dépêche : « Avec une séance de traitement au Propranolol, il avait montré une diminution de la réactivité physiologique aux souvenirs (transpiration, activité cardiaque…). C’était une première piste, un coup de génie ».
Entre 2006, le Propranolol a été administré à huit patients traumatisés par l’explosion de l’usine AZF, pour une expérience qui a porté ses fruits selon le professeur Birmes « Chez les huit patients traités, on a constaté la baisse des symptômes de stress post-traumatique […] Nous sommes en phase de recherche mais on y croit beaucoup, c’est un espoir pour de nombreux patients ». Confiant, le professeur explique que le médicament « n’est pas cher, génériqué et les effets sont là en six séances ».
Le Propranolol n’a pas la vertu d’effacer les souvenirs, simplement d’atténuer la « vivacité émotionnelle » du souvenir traumatisant. Les patients « conservent le souvenir mais n’en souffrent plus », conclue le professeur Brimes, qui espère que, dans l’avenir, les patients pourront prendre le médicament à domicile sans participer aux six séances nécessaires aujourd’hui.
Le laboratoire de Toulouse a reçu en 2010 une subvention du Ministère de la Santé, permettant un approfondissement des recherches.
Combien c’est commode cette façon de laisser entendre qu’un traumatisme comme celui que AZF a provoqué peut simplement disparaitre en cachetonnant à donf !
Voilà ce qu’il faut comprendre : si on souffre de stress post-traumatique, en faisant disparaitre les symptômes, on efface le problème. Sur Top-Santé, j’ai découvert que, je cite :
Le propranolol appartient à la famille des bêta-bloquants, Quand il est pris 90 minutes avant la résurgence d’un souvenir traumatisant, cet antimigraineux intervient sur le souvenir pour le délester de sa charge émotionnelle.
J’aimerai savoir dans quelle mesure on peut prévoir l’instant précis de la résurgence d’un souvenir traumatisant. Comment le vétéran, traumatisé par des souvenirs de massacres, va prévoir quand le seul bruit d’un pot d’échappement pétaradant va venir jusqu’à ses oreilles, provoquant une cascade de réactions comme, se coucher au sol, par exemple ?
Est-ce que vraiment tous les symptômes dont nous souffrons, les séquelles psychologiques, la douleur que peuvent provoquer un accident, une séparation, la mort d’un proche, doivent passer par les médicaments ? Pourquoi ne peut-on pas considérer que les choses de la vie provoquent parfois des souffrances intérieures ? Pourquoi est-il si difficile à admettre aujourd’hui que nous n’avons pas à fuir ces moments, mais apprendre à les dépasser. Quitte à se faire accompagner par un thérapeute quand c’est trop douloureux.
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Bravo pour votre site qui est un total plaisir a lire. Amicalement !
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