All Power to the People! Examine les problèmes de la race, la pauvreté, la dissidence, et le conflit universelle des « nantis contre les pauvres ». Les documents du gouvernement américain, rares extraits des nouvelles et des entrevues avec les deux ex-militants et ex-FBI / agents de la CIA, donnent un aperçu en profondeur dans le conflit sanglant entre la dissidence politique et l’autorité gouvernementale américaine des années 60 et 70. Mondialement célèbre comme étant le montant des représentations les plus précises des objectifs, des aspirations, et de la répression ultime de la US Civil Rights Movement.
Documentaire de Lee LEW LEE, 1h55mn, USA, BETA SP, 1996, sans visa (France).
Le CoIntelPro
Une histoire de laquelle il faut apprendre – Qu’était le COINTELPRO ?
Le « COINTELPRO » était un programme secret du FBI visant à saper la révolte populaire qui a balayé le pays dans les années 60. Bien que le nom veuille dire « Counter Intelligence Program, » les cibles n’étaient pas des espions ennemis. Le FBI l’a mis en place pour éliminer l’opposition politique « radicale » au sein des États-Unis. Lorsque les modes de répression traditionnels (dénonciation, harcèlement flagrant et poursuites pour crimes politiques) échouèrent à contrer l’insurrection grandissante, la nourrissant même, le Bureau a pris le contrôle de la loi et a secrètement utilisé la fraude et la force pour saboter l’activité politique protégée-par-la-constitution. Ses méthodes allaient bien au-delà de la surveillance, et équivalent à une version nationale de l’action secrète pour laquelle la CIA, dans le monde, est tristement célèbre.
Comment le savons-nous ?
Le COINTELPRO a été découvert en mars 1971, lorsque des dossiers secrets ont été enlevés d’un bureau du FBI et publiés dans les médias. Des demandes de liberté de l’information, des poursuites judiciaires, et des confessions publiques d’anciens agents ont donné de la profondeur aux révélations jusqu’à ce que cela fasse un grand scandale. Pour contrôler les dommages et rétablir la légitimité du gouvernement après le Vietnam et le Watergate, le Congrès et les tribunaux ont contraint le FBI à révéler en partie ce qu’il avait fait et promettre que cela ne se reproduirait pas…
Quel en était le fonctionnement ?
Le FBI instruisait secrètement ses bureaux extérieurs à « détourner, discréditer, perturber ou sinon neutraliser certains « individus et groupes ». Une coordination étroite avec la police locale et les procureurs était encouragée. L’autorité finale incombant aux hauts fonctionnaires du FBI à Washington, ils ont demandé à être sûr qu’il « fusse impossible que le Bureau soit ennuyé. » Plus de 2000 actions individuelles ont été officiellement approuvées. Les documents révélèrent trois types de méthodes :
1. Infiltration : Les agents et informateurs ne faisaient pas qu’espionner les activistes politiques. Leurs fonctions principales étaient de perturber et de discréditer. Les multiples moyens employés pour ce faire sont analysés ci-dessous.
2. Autres formes de tromperie : Le FBI et la police ont aussi mené une guerre psychologique de l’extérieur — au travers de publications bidon, correspondances falsifiées, lettres et coups de téléphone anonymes, et d’autres formes similaires de tromperie.
3. Harcèlement, intimidation et violence : Furent employés dans un effort pour effrayer les activistes et perturber leurs mouvements : expulsions, pertes d’emploi, cambriolages, vandalisme, citation à comparaître devant un jury d’accusation, fausses arrestations, coup-montés, et violence physique. Les agents du gouvernement ou bien dissimulaient leur implication ou bien fabriquaient un prétexte légal. Dans le cas des mouvements des Noirs et des Indiens d’Amérique, ces attaques — y compris de purs et simples assassinats politiques — étaient si importantes et odieuses qu’elles équivalent à un terrorisme d’état.
Qui furent les cibles principales ?
Les opérations les plus intenses furent menées contre le mouvement des Noirs, en particulier contre le Black Panther Party. C’était le résultat du racisme du FBI et de la police, du manque de ressource de la communauté Noire pour contre-attaquer, et de la tendance des médias — et des blancs en général — à ignorer ou tolérer les attaques contre les groupes des Noirs. Cela reflétait aussi la peur du gouvernement et du monde des affaires pour le mouvement des Noirs à cause de son militantisme, sa large base nationale, son soutien international, et son rôle historique à enthousiasmer tout le regain des années 60. De nombreux autres activistes qui se sont organisés contre les interventions américaines à l’étranger ou pour une justice des races, sexes et classes furent aussi attaqués. Les cibles ne se limitaient pas seulement à ceux qui utilisaient la force physique ou prenaient les armes. Martin Luther King, David Dellinger, Phillip Berrigan et d’autres pacifistes de premier plan étaient en bonne place sur la liste, ainsi que des projets directement protégés par la Constitution, comme les journaux alternatifs.
Les Black Panthers furent attaqués au moment où leur travail comprenait une aide alimentaire, des soins de santé, un contrôle des écoles et de la police par la communauté, et quand ils ont porté des armes – seulement à des fins symboliques de dissuasion. C’est le terrorisme du FBI et de la police qui a finalement provoqué les représailles armées des Panthers qui plus tard furent cités pour justifier leur répression.
Finalement le FBI a révélé six programmes de contre-intelligence officiels :
Parti Communiste – USA (1956-71) ; « Groupes demandant l’indépendance de Puerto Rico » (1960-71) ; Parti des Travailleurs Socialistes (1961-71) ; « Groupe de Haine Blanche » (1964-71) ; « Groupes de Haine Nationalistes Noirs » (1967-71) ; et « Nouvelle Gauche » (1968- 71). Les opérations frappèrent ensuite des groupes anti-guerre, étudiants, et féministes. Le terme de « Nationaliste Noir » comprenait en fait Martin Luther King et la plupart des mouvements de droits civils et mouvements Black Power. Le programme de « haine blanche » avait principalement pour but d’offrir une aide secrète au KKK et aux milices d’extrême-droite similaires, qui recevaient des fonds et de l’information, tant qu’ils concentraient leurs attaques sur des cibles du COINTELPRO. Les documents du FBI ont aussi révélé une action secrète contre les Indiens d’Amérique, les Chicano, les Phillipins, les Arabes-Americains, et autres activistes, apparemment en dehors des programmes de contre-intelligence officiels.
Quel effet cela a-t-il eu ?
L’impact du COINTELPRO est difficile à entièrement estimer puisque nous ne savons pas toute la portée de ce qui a été fait (surtout contre des cibles cruciales comme Malcolm X, Martin Luther King, SNCC et SDS), et nous n’avons pas d’analyse généralement acceptée sur les années 60. Il est clair, cependant, que :
Le COINTELPRO a déformé la vision du public sur les groupes radicaux d’une manière qui a aidé à les isoler et à rendre légitime une répression politique ouverte.
Il a renforcé et exacerbé la faiblAIM,esse de ces groupes, rendant très difficile pour les activistes inexpérimentés des années 60 d’apprendre de leurs erreurs et construire des organisations solides, durables.
Ses assauts violents et sa manipulation secrète a finalement contribué à pousser certains des groupes les plus engagés et expérimentés à se retirer d’une action de base et à la substituer par des actions armées qui les ont isolés et qui ont privés de mouvement la majeure partie du leadership.
Le COINTELPRO a souvent convaincu ses victimes, pour les problèmes qu’il créait, de se blâmer elles-mêmes et blâmer les autres ; laissant ainsi un héritage de cynisme et de désespoir qui persiste de nos jours.
En opérant secrètement, le FBI et la police ont pu affaiblir gravement l’opposition politique intérieure, sans troubler la conviction de la plupart des américains qu’ils vivent dans une démocratie, que la liberté d’expression existe et que c’est un État de droit.
Pour plus d’informations sur les opérations COINTELPRO du FBI, voir :
Ward Churchill and Jim Vander Wall, Agents of Repression : The FBI’s Secret Wars Against the Black Panther Party and the American Indian Movement, 1990, South End Press, Boston
Eds. Jim Fletcher, Tanaquil Jones, & Sylvere Lotringer, Still Black, Still Strong : Survivors of the War Against Black Revolutionaries, 1993, Semiotext(e), New York
Brian Glick, War At Home : Covert Action Against U.S. Activists and What We Can Do About It, 1989, South End Press, Boston
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(Source : Whatreallyhappened, écrit par Brian Glick, auteur de War at Home, trad. jsf sur http://www.newsoftomorrow.org/)
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