C’est l’argument le plus largement repris par les opposants au mariage gay. Pourtant c’est un argument épouvantail qui ne repose sur rien, puisque dans la Nature, l’homosexualité existe. Cela dit, on peut comprendre que ça soulève des questions et suscite des inquiétudes. Vu que le mariage civil ouvre les droits à l’adoption.
Mais avant d’aller plus loin à propos des enfants, on devrait s’interroger sur une question de droit. Les homos sont-ils des sous-citoyens qui ne devraient pas bénéficier des mêmes droits ? Souvenez-vous, ceux qu’on appelait autrefois les couples mixtes, faisaient autrefois l’objet du même rejet. Au même titre on pourrait dire que de refuser le mariage aux gays est une forme de ségrégation.
Mais, me dira-t-on, le problème, c’est que légalement, le mariage gay, ouvre les droits à l’adoption et à la procréation médicalement assistée (PMA). Il n’est pas question d’accorder ce type de droit à un couple homo, parce que la nature ne leur permet pas d’avoir des enfants. Mais gageons qu’il en est ainsi pour tous les couples infertiles, oui oui on parle bien de couples hétéro. N’est-ce d’ailleurs pas un critère pour le droit à l’adoption ou la PMA : l’infertilité du couple ?
Laissez-moi partager mon sentiment à ce sujet. La société, en France notamment, connait de profonds dysfonctionnements. Hélas, ça ne date pas d’hier.
Pour commencer l’adoption. Vous n’ignorez pas que parmi les couples infertiles (hétéros jusqu’à présent), il en ait qui ne sont pas retenus pour la candidature d’adoptant. Ne correspondant pas aux critères. Ceux-ci passent parfois par d’autres filières échappant à la législation ou bien à la longue liste d’attente. Bref, rien de plus facile quand on a un peu d’argent de ramener de retour de voyage un petit africain, un petit asiatique, de lui donner son nom, voire même de lui coller un nouveau prénom, parce que franchement Diego ou Mohamed Durand au moment de l’inscrire à l’école… ça le fait pas ! (c’est du second degrés ok, j’ai aucun problème avec Diego ou Mohamed). Le fait est que beaucoup d’enfants adoptés, n’ont pas accès à leurs origines, ignorent tout de leur filiation. Et les associations d’adoptés confirment que ça pose un réel problème pour l’enfant, le futur adulte, un problème d’identité. Quand bien même les parents naturels peuvent être les pires que la Terre puisse porter, tout être devrait avoir le droit de connaitre d’où et de qui il est sorti. Si l’adopté a des grands-parents, des frères ou des sœurs etc… .
Alors… ? Qui pourra m’expliquer pourquoi, ce type de dérive auxquels sont soumis des tas d’enfants adoptés, ça ne révolte que maintenant… au moment où il est question du mariage pour tous ? Ce problème, il existait avant, et vous ne l’ignorez pas, depuis même longtemps. Inutile de jeter la pierre aux homosexuels, car à ce jour, ce sont les seuls à ne pas avoir pris part et abusé de ce type de dérive.
Quant à la PMA, ben ma foi, c’est idem ! Pourquoi elle serait plus respectable, plus légitime pour les couples hétéro que pour les couples homo ? Ah oui j’avoue que niveau éthique, le sujet perso, me pose problème. D’abord parce que, simple remarque, il y a pas mal d’enfants en attente d’adoption qui seraient heureux d’être accueillis dans une famille (qu’importe son modèle) dont la base est formée par un couple aimant. Quant à la préférence sexuelle des amants, mais qu’est-ce qu’on s’en fout ! J’ai avec mon mari fondé une famille selon un modèle traditionnel, et ce qui se passe dans notre chambre, ça n’a jamais intéressé plus que ça nos trois enfants ! Pourquoi serait-ce différent au sein d’un couple homo ? Pour autant, je ne suis pas en faveur de la PMA, que ce soit pour les hétéro que pour les homos… et ça, je n’ai pas attendu le mariage gay pour faire mon opinion sur le sujet.
Ce que je constate, pour conclure, c’est que les vives réactions que le sujet suscite, sont révélatrices et pourraient être un bien pour quelques remises en question sur la société. Je pense que c’est une opportunité d’ouvrir les yeux sur ce sur quoi nous les avons fermés. Les adoptions abusives, la PMA et les questions éthiques. Le droit des enfants, de l’accès à leurs origines, leur filiation, pour la construction de leur identité, leur épanouissement au sein d’une famille aimante. Oui toutes ces questions existaient avant, et il est temps que nous nous penchions dessus sérieusement.
J’ajoute une dernière chose. Pour les familles adoptant, si vous n’êtes pas SES parents, et ne le serez jamais, soyez certains que vous êtes DES parents. Tout couple fertile peut dire « Je suis SON père/mère », mais être UN père UNE mère, ça se gagne ! Et comme ça ne s’apprend pas à l’école, on peut même dire que ça s’invente chaque jour ! Nous sommes à ce titre tous logés à la même enseigne, car je ne connais pas un parent (naturel ou pas) qui ne se soit jamais posé la question : est-ce que le chemin que je prends est le bon ? Est-ce que c’est la bonne façon d’élever, de reprendre etc ? Le parent qui ne se pose jamais ce genre de questions est probablement le moins légitime qui soit.
Et là je souhaite témoigner à titre personnel, si mon compagnon et moi-même devions demain ou après-demain mourir subitement, je serai heureuse de savoir que le principal critère qui soit retenu pour l’accueil et l’adoption de nos enfants, ce soit l’amour qui règne au sein d’un couple. Je me fous que le couple soit homo ou hétéro. C’est la seule loi naturelle que je proclame et reconnaisse pour mes enfants : un couple aimant ! Et vous savez quoi ? Je suis CERTAINE que Dieu (qui qu’il soit, autant qu’il est), n’a rien contre ces choses !

