Autant pour moi… Corrigez-moi si vous osez !
Il y avait un temps où, n’étant pas Français, je me laissais tenter par les corrections Françaises des Français en France… alors, il est arrivé un jour où je me suis repris moi-même.
Vous me direz, et comment apprendre le Français correctement ? Pas sur internet en tout le cas.
Quand je suis arrivé en France, je savais à peine parler le Français, alors l’écrire, n’en parlons pas. Je me suis forgé mon Français par la force du dictionnaire, du Bescherelle (Offert par mon épouse) et au parler quotidien avec ma femme et mes enfants.
Acceuil, « je veux te parlé« , « ce serait bien raisonner« , « au temps pour moi » : AUTANT (AU TEMPS) de phrases mal écrites par des Français qui, aujourd’hui encore se font à l’idée que ce qu’ils disent, l’écrivent bien… on peut dire que l’internet ne favorise pas la langue Française, surtout quand on veut l’apprendre. Mais, il y en a une qui m’attire particulièrement, c’est cette petite phrase qui fait débat le plus souvent pendant plusieurs pages… C’est celle-ci :
« Au temps pour moi » Il y en a qui disent que celle-ci est la bonne façon de le dire et de l’écrire… Jean-Pierre Colignon le dit dans un de ses livres préfacée par Bernard Pivot.
Bernard Pivot ? oui, lui-même… penseriez-vous, que celui qui représente la culture sur France Télévisions, n’aurait pas lu les livres qu’il préface. ?
Mr. Pivot, ceci est une lettre ouverte pour que vous reconsidériez votre position, que l’internet fasse son chemin avec des erreurs, passe, mais que quelqu’un comme vous, qui est censé être un homme de lettres le fasse, c’est piétiner la langue Française.
« Il faut écrire au temps pour moi ! » (et non « autant pour moi ») parce que cette expression fait référence au commandement militaire, ou bien à l’ordre donné par un professeur de gymnastique, par un chef d’orchestre, par un maître de ballet, et incitant à revenir parce qu’il y a erreur au premier mouvement d’une suite de positions, de mouvements. » Bernard Pivot.
C’est logique comme explication, n’est-ce pas ? Vous me direz, où trouver dans cette explication, une cohérence grammaticale et/ou une source écrite ? Une application dans un texte ? Il n’y à rien de cela, dans l’armée, beaucoup d’expressions restent ancrées dans nos récits, nos conversations, mais pas celle-ci. Chez les musiciens, ça travaille sur les mesures, pas sur les temps… demandez à un musicien s’il peut reprendre un temps sur une partition… il vous répondra, bin non, une mesure, une pause, un rythme, un mouvement, une vitesse d’exécution MAIS jamais un TEMPS.
Chez les gymnastes, surtout les professeurs, le seul temps qui leur intéresse, c’est le temps du chronomètre, et cette expression, ne rentre pas dans leur cadre. (Elle n’est pas utilisé du tout.)
« et incitant à revenir parce qu’il y a erreur au premier mouvement d’une suite de positions »
Le plupart du temps, quand on veut dire cette phrase, ce n’est pas pour revenir en arrière dans la discussion, mais surtout pour marquer la modestie et aussi pour se moquer de soi-même en acceptant par ce fait, que nous commettons aussi des erreurs… nous pouvons commettre AUTANT d’erreurs et même plus que celui que nous avons en face. Pas que nous avons fait une erreur en même TEMPS que celui d’en face, et que donc, il faudrait recommencer la discussion de zéro. (Saugrenue comme explication)
Dans des écrits, nous pouvons trouver cette locution de modestie, nous pouvons trouver des applications sur du texte qui avoisine le 15ème siècle
« Je vous ai dit le « huit » ?
Vous parlez d’un imbécile !
Autant pour moi : c’est le dix qu’ils sont venus, pas le huit. »
Le « temps » ici n’a rien à voir à l’affaire.…
Pas de prof de gymnastique à l’horizon pour cette période, ou des militaires armées de fusils et des bottes en caoutchouc.
C’est étonnant quand même, que ce soit l’Académie Française qui préconise plutôt le « Au temps pour moi !« , j’en reviens pas.
Je vais m’illustrer par une phrase imparable pour enfin élucider et remettre sur le droit chemin cette Académie Française qui, préfère que je dise « Cédérom » au lieu de CD-ROM.
J’ai autant tort qu’eux !
J’ai au temps tort qu’eux !
Choisissez celle qui quantifie votre erreur, et non celle qui ne quantifie pas le tort que vous avez !
Si l’Académie Française passait par cette phrase :
J’ai au temps tort qu’eux !
Elle serait vite reprise. La voici comment elle serait retranscrite :
J’ai eu un temps, au temps tort qu’eux ! Aberrant !
Énigme élucidé pour moi.
C’est « Autant pour moi«
Désolé pour mes fautes d’orthographe et autres, vous en trouverez, certes, mais ça ne m’enlèvera pas que j’ai raison.
Tenez, la dernière :
Vous êtes au restaurant et, la personne que vous avez en face fait une commande… Vous voulez la même chose, vous dites au serveur : Autant pour moi, ou Au temps pour moi ?
Dans le Dictionnaire des Curiositez françoises de 1640, nous trouvons l’expression « autant pour le brodeur », décrite comme « raillerie pour ne pas approuver ce que l’on dit »
On ne dit pas Temps pis pour toi… mais Tant pis pour toi !

