Version courte de la définition :
L’obsolescence programmée (aussi appelée « désuétude planifiée ») est l’ensemble des techniques visant à réduire la durée de vie ou d’utilisation d’un produit afin d’en augmenter le taux de remplacement.
La demande ainsi induite profitera au producteur, ou à ses concurrents ; cela explique certains cas de cartels. Le secteur bénéficie alors d’une production plus importante, stimulant les gains de productivité (économies d’échelle) et le progrès technique (qui accélère l’obsolescence des produits antérieurs).
Je suis d’une génération pour laquelle il est évident qu’un produit de consommation n’est pas fait pour durer. Le contraire serait même antinomique. Cela va tellement de soi, que pour la plupart de ceux de ma génération jusqu’à aujourd’hui, il ne viendrait pas à l’idée de remettre en question ce modèle de pensée.
J’ai eu quand même la chance de grandir auprès d’un beau-père qui faisait du Système D toute une philosophie, ou pour le moins un art de vivre. Et c’était un plaisir pour lui, voire un défi, que de réparer ce qui était donné pour mort, tout juste bon pour la décharge. La seconde chance que j’ai eue, c’est de vivre quelques années en Afrique qui est toujours passée maître dans l’art de rafistoler, de bricoler les vieilles bagnoles, l’électroménager, de manière parfois un peu triviale, mais tant que ça marche… . Disons que c’est une toute autre mentalité, bien plus contrainte par le besoin, à moins que ce ne soit l’inverse ? Pourquoi réparer ce qu’on peut acheter, au meilleur prix et puis dernier cri ? Gageons que nous sommes bien conditionnés dans ce sens !
Cela dit dans ma jeunesse, quand la télé tombait en panne, on l’emmenait au réparateur. Quand on achetait des chaussures de marque, du genre solides, on hésitait pas à aller chez le cordonnier au besoin, histoire que la bonne vielle paire de godillots serve aussi à la petite dernière (argh… la tite dernière c’était moi, pas de bol). Fin bref, pour qui a eu des parents comme les miens, ayant connu la disgrâce de partir à l’école avec des chaussures trouées quand ils étaient minauds, investir dans du solide pour ses propres enfants, c’était une bonne idée. Et le cordonnier, la solution la plus simple, évidente, et c’était déjà pas si mal, se disaient-ils.
Le pauvre d’une génération à l’autre avait le bon sens d’acheter peu mais de bonne qualité. Mais aujourd’hui, la mise en pratique de son bon sens lui est refusé. Le consumérisme nous est présentée comme seul et unique modèle. C’est sensé répondre aux besoins de tous, être la solution pour booster la croissance, alors qu’en fait après avoir créer des emplois, le modèle s’est effondré alors la pensée elle, est restée.
Mon compagnon est technicien en informatique. Il a grandi avec les tous premiers ordinateurs domestiques et ce depuis ses 9 ans. Il s’est appliqué (histoire d’une passion) à démonter ce qui était mort, pour pouvoir retrouver son jouet et outil préféré. Il a orienté ses études dans l’informatique, et aujourd’hui il est à son compte. Mais non, il n’a aucun ordinateur à vendre… ce n’est pas un commerçant. Il fait parti d’un petit nombre d’irréductibles qui tient à rester un artisan et non pas un commerçant. Pour les personnes les moins fortunées, il récupère des pièces d’occasion et répare ce qui peut l’être à petit prix. Je pense qu’il n’est pas insensible à cet énorme gâchis. D’autant plus depuis qu’il sait que quasiment tous les PC, consoles de jeu et téléphones mobiles sont dotés des micro-composants contenant du tantale. Que dans la majorité des cas, le tantale est extrait par des gosses en Afrique, et que ce commerce juteux finance sur le dos des gamins des guérillas. La moindre des choses que l’on puisse faire, c’est de prolonger au maximum la durée de vie de ce matériel…. . Peut-être pour nous son coût est faible, ce serait jamais assez cher payé.
Le consumérisme n’est jamais allé si loin. Il n’a jamais été aussi tacitement accepté par nous tous. Je pense qu’il est temps que nous changions de modèle de pensée. Car produire plus, à moindre cout, des produits à durée de vie limitée, ça ne créait plus des emplois… c’est fini ça !
Il me semble que la seule alternative pour sortir de l’impasse dans laquelle on est serait d »inverser le modèle par la décroissance.
Arte a consacré une soirée thématique sur l’obsolescence programmée. Je tiens à partager ici cet excellent document :

