Réalités et illusions
Durant le sommeil, il est possible de faire l’expérience de la lucidité. La lucidité n’est pas l’apanage exclusif de la réalité diurne. Même en étant réveillés, il arrive fréquemment que la réalité diurne qui s’offre à nous au travers de nos sens soit teintée de nos émotions, nos paradigmes, nos « croyances », notre état intérieur en général.
Un extrait du film d’animation « Walking life » pour illustrer le sujet :
http://www.dailymotion.com/video/xn2ii1_reves-lucides_webcam
Visiter des réalités parallèles est tout à fait possible. Et le test de réalité qui est proposé dans l’extrait fonctionne aussi. Il existe d’autres moyens de tester la réalité. Voler en est un.
Mais avant d’en arriver là, encore faut-il prendre conscience dans le rêve, qu’on est en train de rêver. Ça peut arriver de façon accidentelle, parce qu’on réalise tout d’un coup que ce que l’on vit est trop fou pour être réel, ou bien parce que quelque chose change subitement dans l’environnement onirique : le passage soudain d’un paysage à un autre, la métamorphose d’un objet, d’un personnage. Éveiller la lucidité dans le rêve volontairement, c’est une autre paire de manches.
Je pense que le mieux avant toute chose est d’apprendre à mémoriser nos rêves. C’est possible avec de l’entrainement de mémoriser tous les rêves qu’on fait en une nuit. Mémoriser un maximum de détails aussi. On peut le faire par l’induction à l’état de veille. Ça consiste tout simplement à se répéter avant de s’endormir « je vais me souvenir de mes rêves » et de contrôler mon temps de sommeil. Je pense que l’horloge interne joue un rôle clé dans la mémorisation. Connaître et respecter nos rythmes de sommeil, c’est indispensable quand on bosse sur les rêves. Car si vous êtes crevés et que vous ne prenez pas votre ratio de sommeil, il y a peu de chances que vous puissiez vous souvenir de quoi que ce soit, excepté peut-être le dernier rêve fait juste avant de vous réveiller.
Peut-être avez-vous remarqué que le souvenir du rêve est net au moment du réveil, mais devient de plus en plus flou au cours de la journée. Pour éviter cela, il existe une méthode simple. Quand vous vous réveillez, évitez de vous lever immédiatement. Bougez le moins possible et essayez de garder les paupières clauses. De là, repassez le scénario du rêve du début à la fin. Quand c’est terminé, prenez votre carnet de rêves et notez chaque détail, en soulignant les points qui vous paraissent importants. Exprimez aussi ce que vous avez ressenti.
Quand on mémorise facilement nos rêves, on s’aperçoit qu’il est devenu plus aisé de devenir lucide.
Comment introduire la conscience lucide à l’intérieur d’un scénario onirique ? Il existe plusieurs moyens.
Le premier, le plus évident et logique, c’est de garder cet état de lucidité au moment de l’endormissement. Personnellement, je pense que ça ne peut se faire que si on parvient à évacuer tout stress avant. Si vous faites du sport permettant d’évacuer ce stress, c’est l’idéal. Parce que la fatigue physique va provoquer un glissement dans l’endormissement très rapide, alors que votre conscience sera encore en état de vigilance. Cela dit, attention pour ce que l’on prend pour « état de vigilance ». Ce n’est pas parce que vous êtes réveillés que vous êtes en état de vigilance. Si vous pratiquez un peu la méditation, vous comprenez ce que j’entends par là. Alors avant de vous assoupir, vous pouvez faire quelques exercices de méditation, en portant votre attention sur votre respiration. 5 minutes c’est suffisant, il en faut pas plus. En glissant dans l’endormissement, vous allez voir apparaître des images et des couleurs sur votre écran mental. Ça défile à toute vitesse. Je pense que c’est un moyen que l’inconscient utilise pour mémoriser les éléments clés de votre journée et expurger ce qui n’est d’aucune utilité. J’appelle cela, la zone de « tri sélectif ». Mieux il se fait au premier instant du sommeil et moins vos rêves seront encombrés de toutes vos poubelles. Voilà pour la première méthode : garder l’état de vigilance depuis l’état de veille au moment ou l’on glisse dans le sommeil. Ce n’est pas le moyen le plus facile, mais qui offre des expériences très riches, en particulier sur notre fonctionnement inhérent.
Il existe d’autres méthodes intéressantes qu’ont l’avantage d’être amusantes et de nous rendre plus lucides; et pas seulement dans le rêve mais aussi dans la journée quand on est réveillé. Demandez-vous plusieurs fois dans la journée : est-ce que je suis en train de rêver ? Je suis vraiment heureuse que ce point-là ait été abordé dans l’extrait vidéo, car c’est réellement un exercice utile à double titre. A double titre oui, parce que quand on se pose cette question, on accède qu’on le veuille ou non au témoin silencieux. Ce témoin silencieux c’est votre conscience détachée observant celui qui pense, qui parle, qui marche, qui dort, qui « fait l’expérience de », qui réagit, qui travaille, qui vit (vous-mêmes). Comment parvenez-vous à discerner quand vous rêvez et quand vous êtes éveillés ? A quoi cela tient-il ? A quoi faites-vous la différence ?
C’est un vaste sujet de méditation qui aura l’avantage de vous enraciner dans l’instant présent, de vous rendre lucide et vigilant non seulement à la réalité extérieure, mais aussi à votre dimension intérieure. C’est le bon moment alors de faire un test de réalité. Fermez les yeux, ouvrez-les… si vous pouvez faire ces deux choses, ça signifie que vous ne dormez pas, vous n’êtes pas en train de rêver. Ça, dans le rêve, c’est impossible à faire. Vous pouvez essayer de fermer les yeux de toutes vos forces, rien ne va s’éteindre, rien ne va devenir noir. Même si vous rêvez que vous dormez. J’ai déjà fait ce rêve, mais à chaque fois que je rêve que je dors, en réalité je me vois dormir. Je vois mon moi onirique allongé en train de dormir…. mais les yeux qui observent le dormeur, ils sont ouverts eux. Car ce ne sont pas des yeux physiques, mais la conscience en état de vigilance. Accéder au témoin silencieux, qu’on soit réveillé ou en train de dormir, c’est une toute autre dimension. C’est ce qui fait dire « Aujourd’hui est un beau jour pour mourir », parce qu’on a suffisamment de recul et de détachement pour réaliser que tout est là, qu’on est comblé par ce qu’on a…. ou plutôt de ce qui est.
Mais peut-être vous dites-vous, dans la journée, je suis trop occupé pour penser à me poser la question : suis-je en train de rêver ? Car en effet, cette méthode ne fonctionne que par la répétition. Alors si vous avez une montre ou un mobile, vous pouvez aussi le programmer pour qu’il fasse un bip toutes les heures. Et à chaque bip de vous interroger. Au bout de deux ou trois jours, ça devrait fonctionner. Arrivera un moment, où vous vous poserez cette question en plein rêve.
Maintenir la lucidité une fois qu’on l’a obtenu dans un rêve ne va pas de soi. Vous pouvez perdre de vu que vous êtes en train de rêver aussi furtivement que vous étiez l’instant d’avant pleinement conscient de votre état de rêveur. Et pour les expériences hors du corps c’est pareil. Maintenir l’état de lucidité ne va pas de soi. C’est un état de conscience qui requiert de la constance dans la vigilance.
Vous remarquerez que je fais peu de distinctions entre le rêve lucide et l’expérience hors du corps. Bien sûr qu’il y a des différences, mais si j’aborde ces deux sujets ensembles c’est parce que j’accorde plus d’importance à l’état de conscience lors de l’une ou l’autre expérience. On peut dire que l’expérience hors du corps est une extériorisation de la conscience. Seulement cette extériorisation n’est possible que par des processus internes et intimes. La réalité extérieure que vous observez se fait toujours par l’intermédiaire de « vos » corps.
Quels sont ces corps ? Pour résumer grossièrement, nous sommes dotés d’un corps physique. Recouvrant celui-ci, il y a le corps éthérique. On parle de corps mais de mon point de vu, il ne s’agit pas d’un corps à part entière. C’est plus le rayonnement des chakras et des méridiens, une interface énergétique, la connexion entre votre corps physique et les autres corps subtils. Les différents corps s’emboitent les uns par dessus les autres comme des poupées gigognes, les matriochka. Par dessus recouvre le corps astral. C’est le corps émotionnel. Par dessus celui-ci, le corps mental. C’est le corps des idées, de la créativité. Recouvrant ce dernier enfin, il y a le corps causal. C’est votre moi divin. Il n’a pas de forme, et voit outre les apparences avec une conscience claire et il ne meurt jamais. Il est le siège de l’amour inconditionnel. Par lui seul nous sommes rendus capables d’embrasser tout ce qui existe au delà de toute dualité.
Quand on fait un rêve lucide, on est sensé intervenir que dans notre propre monde onirique. Seulement voilà, ce monde très personnel peut être aussi le lieu de manifestations d’une réalité extérieure. De cette façon il est possible d’avoir des informations qui sont inhérentes à une tierce personne, à un groupe de personnes, à l’environnement, dépassant votre stricte sphère personnelle. Ce n’est pas facile à discerner. Mais si vous vous posez la question » est-ce mon rêve seulement, à moi et à moi seul ? », c’est que ça mérite votre attention. Alors si vous le pouvez, efforcez-vous de vérifier.
Dans l’expérience hors du corps, tout ce que vous observez et expérimentez peut être du domaine d’une réalité extérieure à vous-mêmes. Mais ce n’est pas systématiquement le cas. En fait, vous pouvez percevoir plusieurs couches de réalité simultanément, et plus rarement en même temps. Ce que vous observez peut être une projection personnelle. C’est intéressant, car c’est l’occasion de découvrir combien nos émotions, nos pensées ont le pouvoir de prendre forme et expression. Pour exemple, une après-midi je me suis assoupie avec l’intention de ne dormir que 20 petites minutes. J’ai senti au moment où mon corps glissait dans le sommeil, un changement de vibrations. Je suis sortie de mon corps, j’ai fait un long voyage (qui n’a duré pourtant que 20 minutes). A mon retour à la maison, j’ai vu mon corps allongé et j’ai formulé le désir de le réintégrer mais très trèèèèès lentement, afin de garder en mémoire chaque étape de mon voyage. Je me disais que mon compagnon (de l’époque) ne tarderait surement pas à rentrer à la maison. Alors j’ai entendu quelqu’un rentrer et j’ai pensé que c’était lui. Quand il est entré dans le salon, je suis allée vers lui et de mes deux mains j’ai caressé son visage (comme le font les aveugles). J’ai trouvé étrange sa façon de rester impassible. Il s’est dirigé non loin de la fenêtre et là j’ai vu de la lumière sortir de lui. J’ai réalisé subitement que ce n’était pas mon compagnon. Car l’apparence de mon compagnon a fondu l’espace d’un clin d’œil, pour laisser apparaître une personne que j’avais visité lors de mon voyage.
Ceci pour dire que sans nous en rendre compte nous agissons par recouvrement. Nous projetons nos désirs et ceux-ci, en astral, prennent forme. Ce que nous croyons sur le point de se produire ne tarde pas à se réaliser, nous tissons notre réalité. Certains diront que ce type de projection est une illusion et un piège. C’est vrai et faux à la fois. Nos attentes, nos désirs, ce que nous projetons sur la réalité, est une réalité aussi. Le nier c’est lui accorder aussi une importance démesurée. Je pense qu’il convient de prendre aussi en compte toute projection personnelle, car ça fait partie des choses qui nous enseignent sur nous-mêmes et notre fonctionnement intime. L’illusion ne réside pas dans le fait de reconnaître cette part de nous, mais de la prendre pour ce qu’elle n’est pas. Nous habillons la réalité ordinaire de nos projections personnelles, nous faisons cela tout le temps, même quand nous sommes (ou que nous croyons être ) réveillés.
La projection astrale que ce soit dans le rêve lucide, comme dans une expérience hors du corps, est l’occasion d’exprimer aussi notre créativité et d’être sensibles à la créativité d’autrui. Que ce soit par la musique, la peinture, la sculpture, la poésie etc… Il existe dans d’autres dimensions des maîtres pour nous y aider.
Il est possible aussi d’être enseigné de la sorte. Pas seulement par des maîtres mais aussi par des personnes comme vous et moi. J’ai suivi un cours de Qi qong de cette façon. Je connaissais quelqu’un qui enseignait le Qi qong, mais il habitait trop loin pour que je me déplace. Lors d’un E.H.C.* je l’ai vu assis à son bureau, il révisait les notes de son prochain cours. Ses cours étaient classés dans une chemise de couleur rouge. Comme je ne parviens pas à lire j’observe hors de mon corps, j’ai exploré ses pensés à lui. Je voyais dans sa pensée une salle avec des gens là. Il faisait un mouvement circulaire avec les bras, comme on jouerait avec un gros ballon au niveau de la poitrine. A mon réveil, j’ai contacté cette personne afin de vérifier quelques éléments. Il m’a dit que ces cours étaient en effets rangés dans une chemise rouge et que la veille au soir il songeait précisément au mouvement que je lui ai décrit pour l’annexer dans son prochain cours. Si donc vous prenez la peine de vérifier, quand c’est possible, vous constaterez que l’astral peut-être source d’illusion mais d’enseignement aussi. Il donne l’occasion d’exercer notre discernement.
La plupart d’entre nous sommes actifs en astral, mais peu s’en rendent compte. Pour exemple, j’avais parmi mes contacts internet une personne habituée à travailler sur les énergies, mais durant son temps de réveil. Je crois que cette personne avait à peu près cernée ma personnalité (je manque de confiance en moi, mais je me soigne en vérifiant justement les informations que je collecte en astral). Une nuit alors que je dormais, j’ai pris conscience de mon état de dormeur. Alors que mes yeux étaient fermés, j’ai vu au travers de mon front, le visage de cette personne. Il chantait pour moi, il chantait : I believe in you. Tout autour de lui la pluie s’était suspendue. Les gouttes d’eau lévitaient. Et de sa gorge sortaient une lumière dorée donnant à la pluie des ondes ambrées. Au lendemain je lui ai parlé de ce que j’avais vu. Il m’a dit ne pas se souvenir de quoi que ce soit. Mais il semblait troublé car en dehors du fait qu’il avait dans l’intention de me redonner confiance en moi, il m’a avoué avoir eu dans le passé une carrière dans la chanson. Et avoir renoncé à remonter sur scène depuis longtemps.
Non seulement je suis convaincue que la plupart des gens sont actifs en astral, mais je suis désormais certaine que c’est là qu’ils exercent le mieux leurs talents, voire qu’ils y trouvent leur source d’inspiration. Vous pouvez obtenir de informations par le rêve et extériorisation de la conscience. Une personne comme je l’ai décrite plus haut, avec un chakra de la gorge rayonnant de lumière dorée, est quelqu’un qui forcément sera douée pour s’exprimer verbalement, par sa voix, par le chant, par la musique. Et en écoutant, en observant ce que chaque personne exprime avec son talent particulier, on peut connaitre la nature des intentions.
Il n’y a pas que les humains pour être actifs en astral, les animaux le sont, les végétaux aussi. J’ai rencontré un arbre et à cette occasion j’ai entendu sa symphonie. Jamais de ma vie il m’a été donné d’entendre quelque chose d’aussi beau. De même qu’il y a des humains doués pour soigner les personnes, il y a des animaux et des végétaux qui le font. Parmi eux il y a des sages aussi. Pourquoi est-ce si difficile à reconnaître en état de conscience ordinaire ? Pourquoi est-ce si facile à reconnaître quand on rêve ? Bien de nos sens se sont émoussés avec le temps et notre domestication. Quand nous dormons nous pouvons retourner à notre vraie nature. Je crois que nous avons tous un petit génie sous le couvre-chef, un sage, un savant, un artiste. Comme Linguini dans Ratatouille a un tit chef sous la toque.
Peut-être que nous n’avons pas à apprendre comment sortir de notre corps, mais juste être conscient quand ça arrive et lucide de bout en bout.
* E.H.C. = Expérience Hors du Corps.

