Au nord du Soudan, dans ce qui était la Nubie, des archéologues ont découvert 35 pyramides de différentes tailles et de structures diverses. Les vestiges ont 2.000 ans et constituent la plus grande nécropole de cette région.
Quelque 1.000 ans avant J.-C., le royaume de Koush a investi la Nubie, nouvellement indépendante de l’Égypte. L’empire koushiste a ensuite duré plus d’un millénaire. Beaucoup de traditions étaient similaires à celles des Égyptiens, en particulier la religion et les pyramides. Non loin du Nil, dans la partie nord du Soudan, l’ancienne Nubie est largement explorée par les archéologues. En 2009, la Section française de la direction des antiquités du Soudan (SFDAS) a lancé un programme de fouilles autour du site de Sedeinga, d’abord connu pour les vestiges du temple de l’épouse d’Amenhotep III.
Le site abrite également les restes d’une église chrétienne du Xe siècle. Cependant, s’il est sous les projecteurs actuellement, c’est parce que les archéologues ont mis au jour 35 pyramides. Une découverte surprenante par la quantité et la proximité des pyramides. Une surface d’à peine 500 m2 en contient 13. Les plus grandes mesurent 7 m à la base, et les plus petites 75 cm. Ces dernières étaient, semble-t-il, construites pour les enfants.

La nécropole est datée de 2.000 ans : le royaume de Koush prospérait alors. Il était frontalier de l’Égypte, qui fit rapidement partie de l’empire romain. D’une étendue de 40 hectares, la nécropole découverte est la plus grande de Nubie. Le site est unique, la densité des pyramides est incroyable. Leur construction a en effet duré des siècles, et a continué jusqu’à ce que les Koushs n’aient plus de place. Les tombes étaient tellement pleines qu’ils ont été contraints de réutiliser les plus anciennes !
Des pyramides avec une coupole interne
Toutes sont de briques rougeâtres, mais certaines se distinguent par une architecture particulière. Entourant une coupole interne, des constructions s’organisent selon une disposition qui évoque les jardins à la française, une caractéristique du site de Sedeinga. Une telle structure se retrouve également sur le site de Méroé, également en Nubie. D’après Claude Rilly et Vincent Francigny, qui encadrent ces fouilles de la SFDAS, les Koushs se sont largement inspirés du peuple égyptien.
Une énigme demeure : certaines pyramides ont une coupole, d’autres non. Une telle structure n’apportait rien à la solidité de la pyramide. Les archéologues ont aussi été intrigués par la tombe d’un enfant, encerclée de pierres. On peut ainsi supposer que les pyramides à coupole interne étaient le fruit d’une hybridation entre culture égyptienne et coutumes purement locales.
Malheureusement, les tombes sont très endommagées. Elles n’ont plus de toit et, de plus, ont été presque complètement saccagées. Certains pillages sont par ailleurs signés d’une marque chrétienne. Les chercheurs n’ont trouvé que des restes de squelettes, et peu d’offrandes funéraires.
Par Delphine Bossy, Futura-Sciences
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Mise à jour :
Ô Isis ! Ô Osiris ! C’est Mamie…
Un message vieux de près de 2000 ans orne une tablette d’offrande de 43 par 35 cm découverte dans l’une des 35 tombes en forme de pyramide de la nécropole de Sedeinga, dans le nord du Soudan. Les archéologues ont déchiffré le texte gravé, écrit dans le langage méroitique du royaume de Koush. Le terme Aba-la utilisé serait un nom familier donné à une grand-mère. D’où cette traduction possible :
[gn_quote style= »2″]
Ô Isis !
Ô Osiris !
C’est Mamie.
Faites lui boire de l’eau en abondance.
Faites lui manger du pain en abondance.
Faites lui servir un bon repas.[/gn_quote]
Les Dieux qui se font face sur la tablette sont bien égyptiens, La déesse mère protectrice Isis et Anubis, dieu à tête de chacal accompagnant les morts dans l’autre monde. L’invocation est complétée par Osiris, le dieu roi mythique. Il est remarquable que les souhaits formulés pour l’au-delà concernent tous la nourriture, et rien d’autre. Une préoccupation sans doute essentielle de la vie dans cette contrée désertique, il y a quelque 2000 ans.
Fascinant spectacle que ces répliques des pyramides égyptiennes découvertes par un Français, Vincent Francigny, directeur des fouilles travaillant pour l’American Museum of Natural History, près du Nil dans le désert du nord du Soudan. On connaissait Meroë et ses pyramides tronquées émergeant du sable. Ici, à Sedeinga, les tombeaux sont plus petits et ils renferment une étonnante construction circulaire invisible de l’extérieur et qui ne contribue pas, semble-t-il, à la structure de l”édifice.
Ces pyramides se distinguent par leur nombre, 35 découvertes jusqu’à présent entre 2009 et 2012, leur densité et leur diversité. La base de la plus grande mesure 7 mètres et la plus petite, sans doute destinée à un enfant, pas plus de 75 cm. Leur densité est telle que les 13 premières pyramides découvertes tenaient sur une surface de 500 m2.
Source mise à jour : Globule et télescope
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Étrange cette histoire de coupole formant la structure interne de la pyramide. Dommage que le site ne soit pas intact. Sans les pillages, peut-être qu’aujourd’hui nous aurions une idée plus claire sur les rites funéraires pratiqués sur le site.