{"id":3920,"date":"2013-04-09T17:36:02","date_gmt":"2013-04-09T16:36:02","guid":{"rendered":"http:\/\/www.enigmes-tv.fr\/?p=3920"},"modified":"2013-04-09T17:36:02","modified_gmt":"2013-04-09T16:36:02","slug":"baraka","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/baraka\/","title":{"rendered":"Baraka"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka.jpg\" target=\"_blank\"><img decoding=\"async\" class=\"alignnone wp-image-3921\" src=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka.jpg\" alt=\"baraka\" width=\"640\" \/><\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">A la fois po\u00e8me \u00e9l\u00e9giaque et conte philosophique, Baraka fait de son \u00e9tourdissante beaut\u00e9 plastique un r\u00e9ceptacle pour un documentaire puzzle. Une \u0153uvre rare o\u00f9 la tricherie du montage sert de collage sid\u00e9rant pour raconter une histoire de l\u2019humanit\u00e9.<\/h3>\n<p><!--more--><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n\u2019est pas parce qu\u2019il est \u00ab\u00a0non-verbal\u00a0\u00bb qu\u2019un film ne raconte rien. Ce n\u2019est pas parce que les p\u00e9rip\u00e9ties classiques ne surviennent jamais qu\u2019il ne se passe rien. <em>Ron Fricke<\/em>, chef op\u00e9rateur surdou\u00e9, cr\u00e9a avec <strong>Baraka<\/strong> une sorte de pont entre le cin\u00e9ma exp\u00e9rimental contemplatif et un cin\u00e9ma plus conventionnel. Ce n\u2019est pas pour rien que <em>George Lucas<\/em> fit appel \u00e0 ses services pour quelques plans de <strong>Star Wars \u00e9pisode III<\/strong>. <strong>Baraka<\/strong> peut m\u00eame \u00eatre consid\u00e9r\u00e9 comme un grand film sur la foi en le cin\u00e9ma. D\u2019ailleurs, il s\u2019ouvre sur toute une s\u00e9rie de plans de croyants. De tous horizons, leur ferveur religieuse d\u00e9passe le type de divinit\u00e9 c\u00e9l\u00e9br\u00e9e. Juifs, bouddhistes, animistes, tous, au fil des plans, construisent une seule et m\u00eame puissance introspective. <strong>Baraka<\/strong> parle avant tout de foi\u00a0: celle en l\u2019Homme, en la nature, en la beaut\u00e9 du quotidien. Le silence est d\u2019or, pas la moindre parole ne sera \u00e9chang\u00e9e. Tout juste a-t-on droit au rituel Kecak o\u00f9 le geste et la coordination des chants rappellent le ballet et l\u2019op\u00e9ra. D\u2019ailleurs, plus qu\u2019un rituel, c\u2019est une histoire de chasse au d\u00e9mon que racontent ces habitants de Java. Si leurs chants nous demeurent incompr\u00e9hensibles, la puissance crescendo de la traque ne peut \u00e9chapper \u00e0 la cam\u00e9ra de <em>Fricke<\/em> qui fait de cette tradition hindouiste un spectacle merveilleux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka_1992_5.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-large wp-image-3922\" src=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka_1992_5-1024x576.jpg\" alt=\"baraka_1992_5\" width=\"560\" height=\"315\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Film\u00e9 avec une cam\u00e9ra bricol\u00e9e pour le 70 mm, <strong>Baraka<\/strong> provoque une sid\u00e9ration constante, o\u00f9 l\u2019emballement ressenti fonctionne gr\u00e2ce \u00e0 l\u2019envoutement de la beaut\u00e9 du monde. Entre ralentis r\u00e9v\u00e9lant d\u2019un f\u00e9tichisme \u00e9vident pour la suspension du temps et des images acc\u00e9l\u00e9r\u00e9es d\u00e8s qu\u2019il s\u2019agit de montrer la masse qui grouille, le long-m\u00e9trage, sorti en 1992, sert clairement de film matrice. S\u2019il se nourrit des grandes \u0153uvres exp\u00e9rimentales dans son absence de narration, s\u2019il puise aussi dans les vieux documentaires o\u00f9 le d\u00e9coupage fait office de faiseur d\u2019histoire, son esth\u00e9tique est encore un mod\u00e8le pour tous les reportages sur la nature qui pullulent sur National Geographic ou Arte. Ainsi, toute la partie centrale du film se pr\u00e9occupe de l\u2019Homme dans son environnement moderne. Privil\u00e9giant les m\u00e9galopoles nippones et la grande pomme New-yorkaise, <em>Fricke<\/em> joue sur le vertige des \u00e9chelles de plan. La masse de pi\u00e9tons de Tokyo se voit raccord\u00e9e aux poussins tri\u00e9s dans les batteries d\u2019\u00e9levages. L\u2019impersonnalit\u00e9 domine. Le groupe devient une puissance fascinante et d\u00e9sesp\u00e9rante. Apr\u00e8s le calme et la volupt\u00e9 des paysages de la premi\u00e8re partie, le bouillonnement de nos soci\u00e9t\u00e9s passe pour une hyst\u00e9rie destructrice. Pour autant, <strong>Baraka<\/strong> n\u2019oublie jamais les visages, et c\u2019est en cela qu\u2019il est grand. L\u00e0 o\u00f9 bon nombre de documentaires se fourvoient en voix off laconique et moralisatrice, celui-ci laisse les images parler d\u2019elles-m\u00eames. Tout juste sont-elles soutenues par les musiques enivrantes de <em>Michael Stearn<\/em> ou <em>Dead Can Dance<\/em>. La variation entre le beau et le p\u00e9nible offre une variation de sensations sans lassitude durant ses quatre-vingt-dix minutes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a href=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka.png\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignnone size-full wp-image-3923\" src=\"http:\/\/www.publisigma47.fr\/hypno6\/wp-content\/uploads\/2013\/04\/baraka.png\" alt=\"baraka\" width=\"557\" height=\"311\" \/><\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L\u00e0 encore, le raccord, \u00e9l\u00e9ment central du cin\u00e9ma, d\u00e9voile les facettes les plus subtiles de ce voyage au c\u0153ur de l\u2019immensit\u00e9. <em>Andr\u00e9 Bazin<\/em> disait bien que c\u2019est parce qu\u2019il y a montage dans le documentaire qu\u2019il y a tricherie. Cons\u00e9quence\u00a0: ils ne montraient pas le r\u00e9el. Or, <strong>Baraka<\/strong> explore au-del\u00e0 du r\u00e9el. Il le d\u00e9passe en voyageant autour du monde, en associant des images qui ne pourraient se croiser sur un m\u00eame lieu g\u00e9ographique. L\u2019histoire racont\u00e9e n\u2019est pour autant pas une fiction. Un exemple montre la richesse de cette malice. Dans la for\u00eat amazonienne, une tron\u00e7onneuse abat un arbre qui s\u2019\u00e9croule violemment. Un raccord, qu\u2019on pourrait penser \u00e0 180\u00b0, d\u00e9voile le regard frontal d\u2019un indien, dont on ne sait s\u2019il est songeur ou terrifi\u00e9 par la destruction. Le montage associe ces deux plans qui pourtant ne se r\u00e9pondent pas dans la r\u00e9alit\u00e9. <em>Fricke<\/em> l\u2019utilise comme une invitation au voyage initiatique. Plus glacial encore, il passe des fourneaux industriels, o\u00f9 des travailleurs suent sang et eau, pour basculer en un cut sur les fours cr\u00e9matoires des camps d\u2019Auschwitz. La duperie est double. Ces fours ne furent pas ceux utilis\u00e9s \u00e0 l\u2019\u00e9poque (ce sont des reconstitutions) et <em>Fricke<\/em> nous fait co\u00efncider four de la m\u00e9tallurgie et fours assassins. L\u2019effroi de la capacit\u00e9 de destruction humaine n\u2019en est que plus pesant. Le r\u00e9alisateur accumule les plans de montagnes, de cieux ou de villes mais aussi les portraits et les restes de victimes g\u00e9nocidaires (en Europe et au Cambodge) pour les r\u00e9unir sur un m\u00eame plan de souvenir. <strong>Baraka<\/strong>, c\u2019est cet immense puzzle dont le terrain de jeu serait la Terre. Ce qu\u2019on a coutume d\u2019appeler le d\u00e9coupage est en fait ici un collage, malicieux, calcul\u00e9 et en m\u00eame temps tr\u00e8s libre d\u2019interpr\u00e9tation. Les derni\u00e8res images offrent une contemplation des cieux, au moment o\u00f9 les humains sont retourn\u00e9s \u00e0 leur m\u00e9ditation.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><a title=\"filmosphere.com\" href=\"http:\/\/www.filmosphere.com\/movie-review\/critique-baraka-ron-fricke-1992\/\" target=\"_blank\">Source<\/a><\/p>\n<h3 style=\"text-align: justify;\">Voir<\/h3>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baraka 1\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"225\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xgpcck&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baraka 2_5\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"225\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xgp5hz&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baraka 3_5\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"225\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xgp5i8&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baraka 4_5\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"225\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xgp5im&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><iframe loading=\"lazy\" title=\"Baraka 5_5\" frameborder=\"0\" width=\"500\" height=\"225\" src=\"https:\/\/geo.dailymotion.com\/player.html?video=xgp5iw&#038;\" allowfullscreen allow=\"autoplay; fullscreen; picture-in-picture; web-share\"><\/iframe><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>A la fois po\u00e8me \u00e9l\u00e9giaque et conte philosophique, Baraka fait de son \u00e9tourdissante beaut\u00e9 plastique un r\u00e9ceptacle pour un documentaire puzzle. 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